Un enfant qui joue. Durée de l'être dans cette mise en jeu, c'est ce que formulait Héraclite et qui est l'évidence même. J'observe ma petite-fille Eliza Poema et elle me joue en jouant le seul, l'unique jeu qui est d'être, ce grand jeu où Dame la mort éclaire l'être dans sa vérité. Il y a bien sûr cette confusion possible entre la mort et Dieu ( je suis un peu trop rapide en ce propos mais on va comprendre ), à la suite de cette idée du "sans-fond" dont parle Heidegger -et il me revient cette anecdote que me rapportait le philosophe Norman Palma, l'un des rares à avoir fait une thèse sur Marx et d'avoir tout su des cours de Heidegger à Freiburg. Un jour où ce dernier accablait les élèves avec son Dasein, l'un d'eux osa lancer : "Mais c'est quoi exactement le Dasein ?" Et Heidegger énervé répondit : "Dasein, Dasein...Dasein ist der Führer !" Drôle de fil et de film conducteurs, non ? Il est vrai qu'à une époque on osait parler à tout propos de chemin riche en perspectives. Mais joue, belle enfant, ce n'était qu'une digression...au fait, c'est quoi exactement une digression ?