Toutes ces divagations et rien de bien reluisant. J'en veux pour preuve l'exercice de l'empire djoungar sous le règne de Galdan, né en 1645 semble-t-il et entré dans les ordres à Lhassa auprès du dalaï-lama (non, il ne pédalait pas dans les côtes du Rhône). En ce temps de dynasties mongoles (les dernières) on s'entretuait aimablement, ainsi à la mort de Ba'atour khongtaidji, son fils occupant le trône zigouillé par ses frangins. Mais Galdan, cet espiègle, ce quatrième fils, après avoir prié un certain temps et obtenu du dalaï-lama sa licence canonique, revint chez lui pour tuer son frère adoré et chasser l'autre hors du territoire. Non content d'avoir obtenu l'aide du khan des Khochot du lac Zaïssan, Outchirou-setchen, il le tua tranquillement pour devenir le seul maître d'un royaume qu'aurait pu envier au XIIIe siècle le trop célèbre Gengis-khan et décida la re-conquête des steppes de l'Asie Centrale. C'est là que ça devient intéressant. En Kachgarie des petits vicieux de khôdja, pour ruiner l'autorité des khans, avaient introduit une sorte de cléricalisme musulman, une théocratie islamique pour tout dire. Et ça énerva le dernier khan qui chassa de Kachgar le chef de ces joyeux drilles qui dut se réfugier au Tibet et qui supplia sa sainteté d'intervenir. Un musulman demandant à un bouddhiste, et non des moindres, de l'aider à reprendre le pouvoir : pas évident, direz-vous. Eh bien vous êtes dans l'erreur, sa sainteté téléphona (gag) immédiatement au camarade Galdan qui devint en même temps le défenseur appliqué de l'église lamaïque et celui de l'église musulmane. La suite on la devine. Bientôt l'empire djoungar s'étendit depuis l'Ili jusqu'au Bouir-nor. Mais au moment où il s'attaquait à l'empereur K'ang-hi, à quelques lieues de Pékin, ces braves jésuites fournissaient l'artillerie qui devait le stopper. Autre alliance de clans. Et aujourd'hui, où en est-on dans nos démocraties ?