N'ayant pas dormi (quel drame !), j'étais parti à l'aube pour écrire un billet où j'avais comme l'impression de prendre Francis Jammes par le bras et redécouvrir la beauté des brebis (pas des chèvres) avec cet œil de bonté, et puis à cause d'une dispute aussi vaine qu'alarmante, je songeais à Tintin, et puis à Tintin au Congo, et puis finalement à Gide et son voyage dans la grande forêt...c'est fou ce qu'un vieux comme moi peut gamberger. Mais comme tous mes bouquins sont dans la cave et qu'il n'était pas question de réveiller tout l'immeuble pour une histoire de singes, je revisionnais le propos comme au lycée, le gymnase. Il me semble qu'à un moment donné Gide avoue : je ruisselais. C'est étonnant chez un protestant (je sais, mon humour agace). Mais le plus étonnant encore c'est quand Gide déclare avoir capturé des papillons. Je hurlais de rire en y songeant. Gide avec un filet à papillons. En y réfléchissant j'ai dû réveiller tout l'immeuble en riant, comme quoi pas besoin d'entreprendre une recherche. Et de me souvenir de son départ de Fort-Lamy pour se rapprocher de Cuverville. Il se trouve que j'ai vécu à Toulon où sur le port il y a la statue de Cuverville conchiée par les pigeons. Et en cette ville où la flotte s'est sabordée on est persuadé que ce cul est tourné volontairement vers la ville. Beau geste, non ?