Se parfumer les panards, disait Laërce, c'est mieux que de se parfumer les cheveux, pour la simple raison que les narines en profitent au lieu des nuages. Le cynisme, le vrai, rejoint ici la sagesse populaire. Je retrouve ce qui va bizarrement s'appeler humour dans mon lieu occitan, et ça me soulage, ça me lave de toute cette bêtise médiatique, de ces fous au pouvoir que je vois devenir chaque jour plus cadavériques, exsangues, bourrés de tics, et qui se croient tout permis. Gaulle avait engendré une génération de voyous, mais là, nous sommes carrément dans l'immonde. J'imagine Arcésilas de Pitane, maître de la picole et redoutable polémiste, aujourd'hui. Il serait sûrement en garde à vue j'allais dire permanente. Ce mot de garde à vue est ambigu. Il y a comme une sorte de glissement pervers depuis le garde-à-vous, tirets en moins (mais on peut arranger ça). L'immobilité d'un individu est relative, on s'en rend compte au statokinésimètre. Mais on court au sublime avec cette injonction de sergent-chef (que me racontait mon grand-père au début de la guerre de quatorze), quand on doit défiler en ordre parfait : "Immobiles en marchant !" Eh bien ce n'était ni du cynisme ni de l'humour. Et ça vous étonne ? Se parfumer l'anus plairait trop aux narines des bourreaux.