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Mes Joyeusetés

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jeudi 24 février 2011

Talent 8 et fin

L’amour en ses marées

L’amour me reste en creux

Et ses élixirs

Que tu puisses y boire

Toi sans repentir

Ordinaire fille

Qu’on a expulsée

Toi nue presque noire

Des fougères lentes

Faisant choix d’un chœur

Faisant choix d’un peuple

Muette parfois

Méthodique aussi

Lèvre courageuse –

Crois-tu me convaincre impeccable masque

Avec tes hoquets comme emportée folle

Plus ensorceleuse à bout de patience

Qu’une Chine ancienne avec ses passions

Pour s’offrir brisée

Au bout d’une marche –

Je te prends au jeu

Je te prends fiévreuse

Morcelée multiple

Je te fais facile

Instrument debout

De ma mort prochaine





mercredi 23 février 2011

talent 7

Je n’irai pas plus loin que l’arbre de la sente

Que la cavale pas aussi bleue que celle du peintre fou

Et une mer en quelque sorte époumonée

Je vêtirai tes pieds de bourre de coco

Tu auras chaud tu deviendras fertile

Tu seras l’enchantement du Vendredi saint

Qui fait d’un orage sur l’île une prière

Et d’un morceau de bois dans ta main

Une idole pour satisfaire aux noces

Je ne veux pas dormir dans cette confusion

Entre les émois et les cultes je décline

Mes titres je décline ma chefferie mon appartenance

Et même si j’ai frôlé souvent la mélancolie des montagnes

D’où tu viens un pays dépouillé de tout artifice

Je ne voudrais te corrompre avec des mots avec des étoiles

Te faire partager mes clous mes planches

Passion jugée trop froide par beaucoup

Si tu n’ouvres tes mains si tu ne m’accordes

De quoi emmailloter notre amour notre idéal

D’une épaisseur dans le tabu

Qui fasse date et où je te rejoigne


mardi 22 février 2011

talent 6

À l’aube c’est toujours après t’avoir vue Absente comme assise sur une branche humide Parmi de courts aventuriers de la danse et du sexe Techniciens pas assez humbles pour leur savoir

Je ne t’ai pas parlé d’amour j’ai faim Je dévore des espaces comme des routes ou des rails Et même des arbres et leurs racines J’accélère encore je crie je crache des anguilles Je célèbre un deuil de plus en plus léger Une naissance à venir : ainsi d’approfondir notre demeure notre désir il n’est pas besoin de clefs Ni de serrures nul besoin de collecter Tous les vents de la Terre pour en faire un chant

J’entends une fusillade c’est une fête On trinque entre amants avec des coupes pleines Dans des auberges du même bois que les clarinettes Êtes-vous des fantômes mes fiers compagnons

Encore une mère encore un remède contre le temps Je veux voir se lever dans ton ventre Deux petits poings de fierté

lundi 21 février 2011

talent 5

L’élégance est dans la manière bien sûr Comme dans le lancer des couteaux Comme de faire un ourlet rapide à même la peau

Sache que nous sommes toi et moi de la même extravagance, du même éther Dans le sens des préraphaélites Nous sommes du même baptême

Humeur passionnée Je t’aimerai toujours Gravide, hospitalière Je t’aimerai fontaine ou je t’aimerai pluie Dévorant tes quartiers découpant tes fuseaux, marmonnant D’incompréhensibles prières

Pour graver cet amour face aux tempêtes Je te dois ma mort et d’y renaître Ainsi parlait dans une Chine ancienne En amphore la porteuse d’eau

Coiffure de guerre nous y sommes contraints J’agite toutes sortes de castagnettes Pour que tu consentes à comprendre qui tu es Si je titube aveugle je te vois très bien Beau masque avec perles et nacre Je couvre tes beaux seins de branches de fara Je râperai ton âme pour mon po’e l’adoucir Je suis ton couturier : aiguille initiatique Je suis ton père vrai je te prie je te parle D’une prison et des jeux de hasard Et d’une plume rouge dans le corps d’un requin

Tu as beau agiter des doigts palmés

Pour faire croire à de la méditation et du rêve Je viens de plus loin je t’enfante Je suis le chef du deuil et des symboles Te tenir alertée tu t’épiles les lèvres Je ne me moque pas si tu te dissimules Derrière cinquante kilos de rêve et de douleur Cela mérite bien une fleur un poème Qui te tatoue au petit point du sexe



vendredi 18 février 2011

talent 4

Alors viens ! assieds-toi sous cette treille dans la mousse Que tu aies peur m’encourage à trouver des mots doux –

Mais il y a le pays puissance végétale Il y a les mœurs particulières comme d’éplucher la peau des pêches Et chacun de nos amis possède un petit grain de folie On cherche à vivre de volupté et de paresse Avec la joie de se séparer du Dieu des livres Avec la courtoisie d’un jeu qui se veut simple

Dénouant des fils invisibles ne pouvant donner Vahine Taina qu’une offrande de lune lourde et pleine Je peux moi dérouler des mots comme en pelote Je te découvre dans un bourdonnement de ruche ardente Je tiens à cette loi intime qui m’enfume Jour après jour récompense presque inavouable Du plus obscur en toi de la douleur des femmes

jeudi 17 février 2011

talent 3

Ce matin je suis encore vêtu de feuilles de 'uru Qui craquent sous le vent et font fuir les mainates Étrangement revenu parmi les vivants Déguisé en faune Et fredonnant je ne sais pourquoi un air de Scriabine Qui attire les insectes qui doivent mourir -

Je pense à te faire encore un cadeau Je ne peux t’approcher les mains vides Même en sang je chercherais quelque présent Puisque Hina la Grande m’encourage à t’enclore Dans la perfection des archétypes dans l’art De semer ce qui me nourrira bientôt Tu pourras m’offrir ton miel Ceci cela dans tes doux replis –

Limbe encore je te parle de ce lobe d’astre Et tu critiques mon amour des couleurs Un peu rapide un peu mentale Ainsi le rouge d’une soie écarlate Qui cherche un peu de ta brusquerie sur un fil Il n’y a pas que ton ignorance qui m’émeut Ton ignorance de ma voile Provocatrice depuis tes seins jusqu’aux épaules Modelées pour l’amitié et tous les pièges

Dans cette aventure tu auras de la chance Je ne peux te trahir qu’en récompensant l’ange Qui parle de testament de miracle liquide Breuvage quotidien maître dans l’art du couple Je suis le voyageur permanent éternel Tu es mon amour vrai ma gemme mon orient

Que vient faire le mot sérail dans le poème de ta bouche S’agit-il de venger la mort d’une sœur très jalouse Et si tu danses je préfère gesticuler comme un oiseau

mercredi 16 février 2011

talent 2

La vie n’est pas sans dangers C’est une simple amorce de dialogue J’ai besoin de remonter les berges De faire mouche Pas question de douter, trébucher, finir Comme un hareng dans une assiette J’ai besoin de téter ta langue

D’être aux petits soins De remodeler une légende Avec ton dos avec tes hanches Mystique à te toucher je reprends goût À du concombre à de l’artichaut Coïncidence à ce qui surgit dans tes yeux À de la seigneurie qui décontenancera Tous les témoins ces grands falcattas Qui glissent insensiblement vers le lagon

Je veux te couvrir de plumes Celles du phaéton celles de la pensée Mon rituel contre le tien Je veux ta sève et bien plus Jusqu’à tes larmes je veux ton sang Et que tu demeures ce fruit Inconvenant mais clair Au mépris des interdits Je te fais confiance

lundi 14 février 2011

quand j'avais du talent

Jouant de ses nerfs Oiseau du voyage Une ivresse courte, une île Faisant encore une fois l’ours Dansant pour d’humbles passants Écrivant avec son ongle encore Un autre billet doux Dans le sang noir des ancêtres (Noir puisque l’encre de Chine) Trouvant la légende de ses yeux Ouvrant son corps comme une porte Comme un mot qui s’ancre au ciel Et sans religion aucune si Ce n’est de l’enchantement - Je te précise familière Je mesure ta tyrannie Au nombre de tes chiens fidèles Sirènes ou amies noceuses Au jet de sueur répandue Dans les dancings où tu te poses En fleur aveuglante Dancings ou rings sait-on Tu te nourris des cendres

Rieuse entre les combats Comme la mort joueuse avec ses cloches Et ces nids qui n’atteindront pas l’aube

Tu es née en novembre mois de Te ta’i Mois de la bonite et de la bonté Tu es du grand voyage mais t’attardant Un peu trop aux prémices Même si tu as coupé en deux parts Ta mélancolie et j’en ai pris une Parmi les cochons les coqs et la marmaille

Tu as peur de te montrer en ville D’être soudainement défigurée Par quelqu’un qui t’aimerait à la folie Qui ouvrirait ta belle bouche

Pour t’inoculer plein de symboles indigènes T’injecter une humeur barbare Pour écrire seulement son nom Au creux de ton genou trop civilisé

Alors tu veux des cadeaux des chants Des écritures pour ne pas mourir Sans avoir récolté le fruit De ton sacrifice

jeudi 10 février 2011

Comment

peut-on être à la fois révolutionnaire et islamiste. Planchez sur vos copies, petits occidentaux ( mais où est votre couteau ? j'ai cru l'apercevoir dans vos absences d'esprit).

Je l'avoue

Je suis un immense réac (sans être bourge pour autant). Quand il pleut je vais dehors, ouvre ma bouche et pleure de joie quand quelques gouttes tombent dans mon gosier. Quand je pisse (de plus en plus souvent) j'admire mon urine, la respire et délire sur quelques poèmes surréels. J'ai toujours été irrécupérable, mais là j'atteins au sublime, étymologiquement sous la limite. Sous ? Sur ? A vous de décider. Je suis un immense réac, et, sans en être fier, je vous emmerde les travailleurs du pauvre quotidien (ou plutôt du quotidien pauvre).




Ce pauvre Calvin (voir en psychanalyse le prestige embarrassé du nom)