Jouant de ses nerfs Oiseau du voyage Une ivresse courte, une île Faisant encore une fois l’ours Dansant pour d’humbles passants Écrivant avec son ongle encore Un autre billet doux Dans le sang noir des ancêtres (Noir puisque l’encre de Chine) Trouvant la légende de ses yeux Ouvrant son corps comme une porte Comme un mot qui s’ancre au ciel Et sans religion aucune si Ce n’est de l’enchantement - Je te précise familière Je mesure ta tyrannie Au nombre de tes chiens fidèles Sirènes ou amies noceuses Au jet de sueur répandue Dans les dancings où tu te poses En fleur aveuglante Dancings ou rings sait-on Tu te nourris des cendres

Rieuse entre les combats Comme la mort joueuse avec ses cloches Et ces nids qui n’atteindront pas l’aube

Tu es née en novembre mois de Te ta’i Mois de la bonite et de la bonté Tu es du grand voyage mais t’attardant Un peu trop aux prémices Même si tu as coupé en deux parts Ta mélancolie et j’en ai pris une Parmi les cochons les coqs et la marmaille

Tu as peur de te montrer en ville D’être soudainement défigurée Par quelqu’un qui t’aimerait à la folie Qui ouvrirait ta belle bouche

Pour t’inoculer plein de symboles indigènes T’injecter une humeur barbare Pour écrire seulement son nom Au creux de ton genou trop civilisé

Alors tu veux des cadeaux des chants Des écritures pour ne pas mourir Sans avoir récolté le fruit De ton sacrifice