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Mes Joyeusetés

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jeudi 24 février 2011

Talent 8 et fin

L’amour en ses marées

L’amour me reste en creux

Et ses élixirs

Que tu puisses y boire

Toi sans repentir

Ordinaire fille

Qu’on a expulsée

Toi nue presque noire

Des fougères lentes

Faisant choix d’un chœur

Faisant choix d’un peuple

Muette parfois

Méthodique aussi

Lèvre courageuse –

Crois-tu me convaincre impeccable masque

Avec tes hoquets comme emportée folle

Plus ensorceleuse à bout de patience

Qu’une Chine ancienne avec ses passions

Pour s’offrir brisée

Au bout d’une marche –

Je te prends au jeu

Je te prends fiévreuse

Morcelée multiple

Je te fais facile

Instrument debout

De ma mort prochaine





mercredi 23 février 2011

talent 7

Je n’irai pas plus loin que l’arbre de la sente

Que la cavale pas aussi bleue que celle du peintre fou

Et une mer en quelque sorte époumonée

Je vêtirai tes pieds de bourre de coco

Tu auras chaud tu deviendras fertile

Tu seras l’enchantement du Vendredi saint

Qui fait d’un orage sur l’île une prière

Et d’un morceau de bois dans ta main

Une idole pour satisfaire aux noces

Je ne veux pas dormir dans cette confusion

Entre les émois et les cultes je décline

Mes titres je décline ma chefferie mon appartenance

Et même si j’ai frôlé souvent la mélancolie des montagnes

D’où tu viens un pays dépouillé de tout artifice

Je ne voudrais te corrompre avec des mots avec des étoiles

Te faire partager mes clous mes planches

Passion jugée trop froide par beaucoup

Si tu n’ouvres tes mains si tu ne m’accordes

De quoi emmailloter notre amour notre idéal

D’une épaisseur dans le tabu

Qui fasse date et où je te rejoigne


mardi 22 février 2011

talent 6

À l’aube c’est toujours après t’avoir vue Absente comme assise sur une branche humide Parmi de courts aventuriers de la danse et du sexe Techniciens pas assez humbles pour leur savoir

Je ne t’ai pas parlé d’amour j’ai faim Je dévore des espaces comme des routes ou des rails Et même des arbres et leurs racines J’accélère encore je crie je crache des anguilles Je célèbre un deuil de plus en plus léger Une naissance à venir : ainsi d’approfondir notre demeure notre désir il n’est pas besoin de clefs Ni de serrures nul besoin de collecter Tous les vents de la Terre pour en faire un chant

J’entends une fusillade c’est une fête On trinque entre amants avec des coupes pleines Dans des auberges du même bois que les clarinettes Êtes-vous des fantômes mes fiers compagnons

Encore une mère encore un remède contre le temps Je veux voir se lever dans ton ventre Deux petits poings de fierté

lundi 21 février 2011

talent 5

L’élégance est dans la manière bien sûr Comme dans le lancer des couteaux Comme de faire un ourlet rapide à même la peau

Sache que nous sommes toi et moi de la même extravagance, du même éther Dans le sens des préraphaélites Nous sommes du même baptême

Humeur passionnée Je t’aimerai toujours Gravide, hospitalière Je t’aimerai fontaine ou je t’aimerai pluie Dévorant tes quartiers découpant tes fuseaux, marmonnant D’incompréhensibles prières

Pour graver cet amour face aux tempêtes Je te dois ma mort et d’y renaître Ainsi parlait dans une Chine ancienne En amphore la porteuse d’eau

Coiffure de guerre nous y sommes contraints J’agite toutes sortes de castagnettes Pour que tu consentes à comprendre qui tu es Si je titube aveugle je te vois très bien Beau masque avec perles et nacre Je couvre tes beaux seins de branches de fara Je râperai ton âme pour mon po’e l’adoucir Je suis ton couturier : aiguille initiatique Je suis ton père vrai je te prie je te parle D’une prison et des jeux de hasard Et d’une plume rouge dans le corps d’un requin

Tu as beau agiter des doigts palmés

Pour faire croire à de la méditation et du rêve Je viens de plus loin je t’enfante Je suis le chef du deuil et des symboles Te tenir alertée tu t’épiles les lèvres Je ne me moque pas si tu te dissimules Derrière cinquante kilos de rêve et de douleur Cela mérite bien une fleur un poème Qui te tatoue au petit point du sexe



vendredi 18 février 2011

talent 4

Alors viens ! assieds-toi sous cette treille dans la mousse Que tu aies peur m’encourage à trouver des mots doux –

Mais il y a le pays puissance végétale Il y a les mœurs particulières comme d’éplucher la peau des pêches Et chacun de nos amis possède un petit grain de folie On cherche à vivre de volupté et de paresse Avec la joie de se séparer du Dieu des livres Avec la courtoisie d’un jeu qui se veut simple

Dénouant des fils invisibles ne pouvant donner Vahine Taina qu’une offrande de lune lourde et pleine Je peux moi dérouler des mots comme en pelote Je te découvre dans un bourdonnement de ruche ardente Je tiens à cette loi intime qui m’enfume Jour après jour récompense presque inavouable Du plus obscur en toi de la douleur des femmes

jeudi 17 février 2011

talent 3

Ce matin je suis encore vêtu de feuilles de 'uru Qui craquent sous le vent et font fuir les mainates Étrangement revenu parmi les vivants Déguisé en faune Et fredonnant je ne sais pourquoi un air de Scriabine Qui attire les insectes qui doivent mourir -

Je pense à te faire encore un cadeau Je ne peux t’approcher les mains vides Même en sang je chercherais quelque présent Puisque Hina la Grande m’encourage à t’enclore Dans la perfection des archétypes dans l’art De semer ce qui me nourrira bientôt Tu pourras m’offrir ton miel Ceci cela dans tes doux replis –

Limbe encore je te parle de ce lobe d’astre Et tu critiques mon amour des couleurs Un peu rapide un peu mentale Ainsi le rouge d’une soie écarlate Qui cherche un peu de ta brusquerie sur un fil Il n’y a pas que ton ignorance qui m’émeut Ton ignorance de ma voile Provocatrice depuis tes seins jusqu’aux épaules Modelées pour l’amitié et tous les pièges

Dans cette aventure tu auras de la chance Je ne peux te trahir qu’en récompensant l’ange Qui parle de testament de miracle liquide Breuvage quotidien maître dans l’art du couple Je suis le voyageur permanent éternel Tu es mon amour vrai ma gemme mon orient

Que vient faire le mot sérail dans le poème de ta bouche S’agit-il de venger la mort d’une sœur très jalouse Et si tu danses je préfère gesticuler comme un oiseau

mercredi 16 février 2011

talent 2

La vie n’est pas sans dangers C’est une simple amorce de dialogue J’ai besoin de remonter les berges De faire mouche Pas question de douter, trébucher, finir Comme un hareng dans une assiette J’ai besoin de téter ta langue

D’être aux petits soins De remodeler une légende Avec ton dos avec tes hanches Mystique à te toucher je reprends goût À du concombre à de l’artichaut Coïncidence à ce qui surgit dans tes yeux À de la seigneurie qui décontenancera Tous les témoins ces grands falcattas Qui glissent insensiblement vers le lagon

Je veux te couvrir de plumes Celles du phaéton celles de la pensée Mon rituel contre le tien Je veux ta sève et bien plus Jusqu’à tes larmes je veux ton sang Et que tu demeures ce fruit Inconvenant mais clair Au mépris des interdits Je te fais confiance

lundi 14 février 2011

quand j'avais du talent

Jouant de ses nerfs Oiseau du voyage Une ivresse courte, une île Faisant encore une fois l’ours Dansant pour d’humbles passants Écrivant avec son ongle encore Un autre billet doux Dans le sang noir des ancêtres (Noir puisque l’encre de Chine) Trouvant la légende de ses yeux Ouvrant son corps comme une porte Comme un mot qui s’ancre au ciel Et sans religion aucune si Ce n’est de l’enchantement - Je te précise familière Je mesure ta tyrannie Au nombre de tes chiens fidèles Sirènes ou amies noceuses Au jet de sueur répandue Dans les dancings où tu te poses En fleur aveuglante Dancings ou rings sait-on Tu te nourris des cendres

Rieuse entre les combats Comme la mort joueuse avec ses cloches Et ces nids qui n’atteindront pas l’aube

Tu es née en novembre mois de Te ta’i Mois de la bonite et de la bonté Tu es du grand voyage mais t’attardant Un peu trop aux prémices Même si tu as coupé en deux parts Ta mélancolie et j’en ai pris une Parmi les cochons les coqs et la marmaille

Tu as peur de te montrer en ville D’être soudainement défigurée Par quelqu’un qui t’aimerait à la folie Qui ouvrirait ta belle bouche

Pour t’inoculer plein de symboles indigènes T’injecter une humeur barbare Pour écrire seulement son nom Au creux de ton genou trop civilisé

Alors tu veux des cadeaux des chants Des écritures pour ne pas mourir Sans avoir récolté le fruit De ton sacrifice

jeudi 10 février 2011

Comment

peut-on être à la fois révolutionnaire et islamiste. Planchez sur vos copies, petits occidentaux ( mais où est votre couteau ? j'ai cru l'apercevoir dans vos absences d'esprit).

Je l'avoue

Je suis un immense réac (sans être bourge pour autant). Quand il pleut je vais dehors, ouvre ma bouche et pleure de joie quand quelques gouttes tombent dans mon gosier. Quand je pisse (de plus en plus souvent) j'admire mon urine, la respire et délire sur quelques poèmes surréels. J'ai toujours été irrécupérable, mais là j'atteins au sublime, étymologiquement sous la limite. Sous ? Sur ? A vous de décider. Je suis un immense réac, et, sans en être fier, je vous emmerde les travailleurs du pauvre quotidien (ou plutôt du quotidien pauvre).




Ce pauvre Calvin (voir en psychanalyse le prestige embarrassé du nom)

samedi 29 janvier 2011

Trace poétique



Ma soeur

Ma sœur, enfant, était fascinée par les cafards : "Ils sont gentils les petits cafards". Et elle les boulottait. Je l'observais assis au milieu des bouteilles, car nous étions dans la cave, et je ne sais pas pourquoi je l'imaginais déjà plus tard en ministre de la Culture, lançant quelques pets lors d'inaugurations aussi inutiles que le pouvoir des évêques. Je fus étonné quand elle choisit de devenir éducatrice spécialisée. Mais après tout, quand on est à l'aise dans le régime et qu'on veut cafarder.

mardi 25 janvier 2011

C'est injuste

L'homme du Médiator ( à qui Triboulet a remis la Grand Croix, frémissez soldats !) aurait dû être aussi curé et pédophile. On aurait ainsi résolu enfin la quadrature du cercle.

mercredi 12 janvier 2011

Mon Dieu comme le temps passe

Gérard Guerrier

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dimanche 26 décembre 2010

Qu'est-ce qui pourrait changer

Avec la tarte à la crème des remaniements ? L'année 2010 s'achève sans avoir vraiment commencé. Triboulet se fait fouetter tous les jours par son rae rae, tu parles d'un programme de banlieue chic. Moi je reste sur ce dessin de Wols qui date de 1940, je n'étais pas encore né ni encornet, et je vous souhaite à tous de pouvoir rire en 2011 du malheur d'autrui.

mercredi 22 décembre 2010

François Chatelet

Il est bien clair que le problème théorique de la révolte – disons, plus simplement, celui de sa définition – ne peut être posé que différentiellement. Il s'agit ici de faire apparaître, systématiquement, les déplacements significatifs qui peuvent permettre de désigner, avec une certitude satisfaisante, certains types d'événements historiques : ceux qui ressortissent à la révolte, ceux qui sont nommés légitimement révolution, ceux qu'on appelle correctement mutinerie et, pourquoi pas ? ceux qu'on nomme contestation – cela, pour choisir, dans une liste qui pourrait être plus longue, un des termes qui risquent d'être durablement à la mode. La question est banale et historique : il importe, non dans un souci sémantique abstrait, mais pour améliorer les conditions d'exposition (ou d'entente) du récit historien, que soit précisé, autant qu'il est possible, le sens d'une catégorie dont se sont emparés conjointement, pour l'obscurcir, la métaphysique contemporaine et le journalisme.

dimanche 19 décembre 2010

fantasme

Non je ne suis pas moi, je n'ai pas d'opinion, qui est quoi ? Je vous emmerde, petits bourgeois qui avez cru que je faisais partie de votre admirable montage social. Et même vous, prolétaires impuissants, complètement régentés aux manifestes ridicules et surtout inefficaces. Allez vous faire foutre. Mais vous êtes tous intolérants. Alors je vais plus loin : deux balles dans la nuque.

dimanche 5 décembre 2010

à la mémoire d'un ami anar

Jacques Heurgon était né à Paris en janvier 1903. Il commença sa carrière comme un étudiant particulièrement brillant: reçu au concours d'entrée à l'École Normale Supérieure en 1923, il en sortit après avoir obtenu la première place au concours de l'Agrégation de Lettres classiques en 1927. Très attiré par la littérature française et étrangère, aimant la langue anglaise qu'il parlait parfaitement, il aurait pu s'orienter dans de tout autres directions que l'étude de l'Antiquité classique: jeune normalien, il avait réédité un travail sur Rossetti et la France, et fit un séjour à Londres pour étudier le roman anglais. Ses goûts littéraires l'amenaient à fréquenter les réunions animées par son ancien professeur de lycée, Paul Desjardins, dont il allait devenir le gendre en 1926, qui se tenaient dans l'ancienne abbaye de Pontigny et qui réunissaient des hommes de lettres, français et étrangers. il y fit ainsi la connaissance d'un auteur britannique, Lytton Strachey, dont il devait traduire en 1929 Elisabeth et le comte d'Essex, en 1933 Victoriens éminents.

On le voit, Jacques Heurgon aurait pu être bien autre chose qu'un éminent étruscologue. Ou plutôt sa riche personnalité ne peut se réduire à ce qu'il fut pour nos études: nous nous souvenons de notre propre surprise lorsque, jeune étudiant, lisant Les noces que l'écrivain français Albert Camus avait publié à Alger en 1938, nous découvrîmes une dédicace à celui qui, à la Sorbonne, nous enseignait la littérature latine, et qui nous parla alors avec émotion de la profonde amitié qui l'avait lié, sur la terre algérienne, à cet auteur décédé accidentellement en 1960. Ce fut cependant le monde de l'Italie antique qui l'attira, et il acheva ses études en entrant à l'École Française de Rome, dont le directeur était alors l'historien de l'art Émile Mâle. En dépit du souhait de Jérôme Carcopino de le voir travailler sur Tibur, il choisit de s'intéresser à Capoue: c'était, aimait-il à dire, la réputation des délices qui avaient été fatals à Hannibal qui l'attirait. Mais, plus profondément, à une époque où, surtout en France, on ne considérait l'étude de l'Italie antique que dans une perspective romanocentrique, Jacques Heurgon avait eu, d'emblée, l'intuition qu'on ne pouvait comprendre l'histoire de la péninsule qu'en s'attachant à la diversité de ses composantes. Cité étrusque, osque, avant d'être romaine, Capoue se prêtait particulièrement bien à cette revalorisation du passé préromain, à la mise en relief de ce que celui-ci avait apporté à une Italie que Rome devait un jour unifier sous son égide: la thèse de Jacques Heurgon, publiée en 1942, Recherches sur l'histoire, la religion et la civilisation ~ Capoue préromaine, des origines a la deuxième guerre punique, ainsi que le travail complémentaire qui l'accompagnait, selon le règlement alors en vigueur, Etude sur les inscriptions osques de Capoue dites lûvilas, témoignent de cette orientation, alors nouvelle dans l'université française.

Cette thèse, publiée en 1942, ne donna lieu à soutenance qu'en mars 1945. Entre temps Jacques Heurgon n'avait guère eu le loisir de se consacrer aux activités universitaires. il vivait à Alger depuis 1932, date à laquelle il avait été nommé chargé de cours de langue et littérature latines à la Faculté des Lettres. Lorsque, après le débarquement anglo-américain en Afrique du Nord de novembre 1942, l'armée française stationnée dans cette zone reprit la lutte, Jacques Heurgon rejoignit ses rangs. il retrouva l'Italie comme officier: en 1944, il débarqua à Pouzzoles dans les rangs d'une division algérienne, combattit devant le Monte Cassino, et alla jusqu'à Sienne, libérée le 4 juillet. il eut surtout la joie de rentrer dans Rome le 5 juin 1944, où il eut l'honneur, en tant qu'ancien membre de l'École Française, de hisser le drapeau français sur le palais Farnèse - à la tête, racontait-il, d'une troupe de tirailleurs surtout intéressés par les bouteilles laissées par les précédents occupants... il devait d'ailleurs, d'une manière inattendue, faire un séjour prolongé à Rome: tandis que l'armée française d'Italie quittait la péninsule pour débarquer en Provence, il fut désigné pour prendre les fonctions d'attaché culturel à l'Ambassade de France à Rome - et renouer ainsi des liens que tant d'années d'incompréhension et de griefs avaient distendus. Ce fut sans doute là une des expériences qui le marquèrent le plus profondément - même Si, avec son habituelle discrétion, il en parlait peu. Avec le recul du temps, on peut dire qu'il joua un rôle essentiel non seulement dans la réconciliation des deux nations-soeurs qui avaient été jusqu a se faire la guerre, mais même dans la reprise d'une vie culturelle libre dans une Rome muselée par la dictature et l'occupation, frappée par la guerre et les privations: il évoquait parfois les difficultés qu'il avait dû surmonter pour fournir du papier à ses amis écrivains italiens afin qu'ils puissent éditer leurs journaux!Jacques Heurgon eut donc des expériences diverses, et très riches. il fut aussi bien sûr - et c'est à ce titre surtout qu'il doit être évoqué ici - un grand universitaire et un grand savant. Sa thèse enfin soutenue, il put prendre un poste de Professeur, à l'Université de Lille d'abord, puis en 1951 à la Sorbonne - où il resta jusqu'à son départ à la retraite vingt ans plus tard. Pédagogue-né, il savait mieux que personne orienter ceux qui venaient le trouver pour travailler sous sa direction, déceler le champ où leurs qualités trouveraient le mieux a s’épanouir, les aider à préciser les résultats qu'eux-mêmes commençaient à peine à entrevoir. Les séminaires qu'il animait, à la Sorbonne et à l'École Normale Supérieure, furent une pépinière de futurs latinistes, historiens et archéologues. Les multiples facettes du talent de Jacques Heurgon leur ouvrait des voies fécondes, dans toutes ces spécialités. Outre une foison d'articles - dont beaucoup ont été rassemblés, grâce à l'amitié de Marcel Renard, dans de commodes Scripta varia, parus à Bruxelles en 1986-, la diversité des ouvrages qu'il a publiés témoigne de cette richesse. il continuait à approfondir la civilisation italique dans ce qu'elle avait de plus spécifique, avec Trois études sur Le ver sacrum, de 1956. Il s'affirmait comme un des maîtres de l'étruscologie, dont la Vie quotidienne chez les Etrusques, de 1961, étincelante de culture littéraire, traduite en de multiples langues, devenait d'emblée un des meilleurs ouvrages de présentation. Il prolongeait aussi son enseignement de littérature latine par des livres sur Ennius (1958>, Lucillus (1959), une très utile édition commentée du livre I de Tite-Live dans la collection Érasme (1963), et, aux jours de sa studieuse retraite, en 1978, donnait de Varron, auteur qu'il appréciait beaucoup - sans pour autant se dissimuler ses fautes de style ou de langue! - une édition du livre I des Res rusticae qui dénote une étonnante maîtrise des réalités botaniques et agricoles... Il était aussi archéologue - il avait d'ailleurs eu, lorsqu'il était en poste à Lille, la direction de la circonscription archéologique du Nord - et était particulièrement attaché à ceux de ses ouvrages où il avait fait connaître au monde savant de nouveaux matériels - comme son Trésor de Tenès, de 1958, qui l'avait ramené vers cette Algérie qu'il aimait tant - ou de nouvelles inscriptions -comme Les graffites d'Aléria, publiés en appendice à l'ouvrage de J. et L. Jehasse, paru en 1973, qui lui donnèrent la joie d'étudier des inscriptions étrusques trouvées, contre toute attente, sur le sol français. S'il est permis de faire un choix dans une oeuvre Si abondante, c'est peut-être son Rome et la Méditerranée Occidentale jusqu’aux guerres puniques, paru en 1986 mais constamment repris et complété jusqu'à la dernière édition de 1993, qu'il convient de citer comme son oeuvre maîtresse: il y domine toute l'histoire de la période avec une érudition sans faille, et aussi une pondération et une sûreté de jugement que permet une absence totale de parti-pris dans les querelles un peu vaines qui trop souvent déchirent le monde savant, et dont il avait du mal à comprendre l'acuité. Les honneurs lui sont venus pour ainsi dire naturellement: il était trop passionné par la science pour les rechercher. Membre étranger de l'Institut des Etudes Étrusques et Italiques depuis 1952, au titre de sa section française dont il fut le doyen, il fut élu à l'Académie des Inscriptions et Belles Lettres en 1968, avant de l'être également comme membre étranger de l'Accademia dei Lincei, étant le premier Français à recevoir ce titre. En 1985, dans le cadre de 1"'année étrusque', il fut vice-président du Comitato Nazionale per il progetto Etruschi. Il partageait cette fonction avec son ami, son collègue dans les deux Académies française et italienne, Massimo Pallottino. La disparition de celui-ci devait l'affecter profondément. La sienne propre, survenue le 27 octobre 1995, l'aura suivie de peu...

DOMINIQUE BRIQUEL

jeudi 2 décembre 2010

je m'interroge

au lieu d'interroger l'univers, mais finalement ça revient au même : toi, moi, nous, peuplade à l'agonie. Oh que c'est loin l'Encyclopédie ! Je ne vais pas céder à la tentation de faire un mauvais jeu de mots, car, d'être mauvais supposerait un pouvoir et je ne l'ai pas. J'ai mis une citation d'Artaud dans mon prochain recueil, Le peigne dense, c'est simple : Je ne travaille jamais. Ce qui sort de moi est tiré au hasard. Et je pourrais écrire ou dire ou penser tout autre chose que ce que je dis ou pense et qui me représenterait aussi bien. C’est-à-dire tout aussi mal. C’est-à-dire pas du tout. Je ne suis pas là. Je ne suis plus là, à jamais. Salut, Momo !

mercredi 1 décembre 2010

On ne sait pas

par où commencer, entends-je dire à tout propos, mais pas dans les classes dirigeantes. C'est pourtant facile : commencez par la fin.



Okhotsk : on ne se posait pas la question

mardi 30 novembre 2010

La pluie, le vent

La pluie, le vent, l'amour...La question qui se pose est du non usage de ce qui prévaut dans nos neurones, celui de vivre simplement, au gré du temps. Question de pouvoir sur autrui, sans doute, comme de capitaliser l'émotion jusqu'aux frontières de l'absurde.

dimanche 28 novembre 2010

Il neige

C'est déjà ça.



samedi 27 novembre 2010

Je ne suis heureusement plus d'actualité

Ce mot "actualités" me fatigue. En 1929, à Shanghai, avant tout le bordel qu'on sait, personne n'aurait osé prononcer cette expression qui n'est qu'une mascarade du Réel. Il y a donc une intention malfaisante à répéter cela tous les jours à laquelle résistent quelques braves inactuels qui refusent d'écouter radio ou télé et naviguent de biais, si je peux dire. Un jour on verra plus clair. Ce n'est pas croyance de ma part, c'est certitude. Naturellement je ne serai plus là et ce sera tellement actuel que l'immémorial épousera la cime des chênes et la poésie fraîche et permanente des rûs. Ah oui !

jeudi 18 novembre 2010

Adieu à la saleté

Mais non, cette pub est a contrario le fait du jour. Mais je crois quand même à la bonne humeur. On parle de qualité du travail, faudrait autre chose qu'un rapide coup d'œil. Fondez, mes camarades, en harmonie méditative. C'est dur pour vous, même si vous construisez des piscines pour faire du bleu. Un conseil : mettez du gris au fond, ça réfléchit la lumière et donc le vrai ciel.

mercredi 17 novembre 2010

Nouvelles fracassantes

C'est la valse dans ce régime digne d'une république bananière. Rassurez-vous : un (ou une) psychotique en chasse un(e) autre. C'est le clou d'un spectacle sans foi ni loi, mais sans le côté craquant des westerns. Coïncidence ? sur une chaîne de télévision Ciné Géants, on repasse Rio Bravo. C'est con, Rio Bravo, mais l'actrice principale est bandante - ce qui est exclu dans le cas présent. Ben, faut dire que ce sont toutes des franchouillardes à faire vomir. Beurk a été limogé, mais à côté de ça la Basquaise se promène toujours avec le même balai dans le fion. Il y a du Poutine (et non du Raspoutine) dans l'air.

mercredi 10 novembre 2010

J'ignore pourquoi

Si je n'ai certainement pas le génie de Tzara et d'Artaud, ils viennent la nuit pour me prendre la main comme si j'étais leur père ou leur mère.

samedi 23 octobre 2010

petite mise au point

la question n'est pas de savoir

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jeudi 14 octobre 2010

chanson (fin)

Tous :

On le disait mythomane c’est un pauvre fou

Avec des manies de tout petit voyou

On le disait élégant et parfois chic

Il n’est qu’un jardinier plus ou moins alcoolique

Qui veut se faire passer pour un baron

Et pas des moindres (bis)

On le disait extravagant c’est un imposteur

Qui veut ressusciter notre cher Münchausen

Notre idole notre baron notre seigneur

Il n’est qu’un jardinier pas très zen

Qui profane une tombe et ira en prison

Et pas à plaindre (bis)

Plaindre, plaindre…ce vieux fou

Geindre, geindre…

Oindre, oindre…

mercredi 13 octobre 2010

chanson (10)

Lui :

Marta nous sommes des gens d’un autre temps

Même si nous connaissons la bohème et les dimensions de notre lit

Et la pente douce qui mène aux pissenlits

Nous n’avons pas peur d’avoir le cœur impuissant

Nous n’avons peur de rien et surtout pas de la gangrène

Elle :

Tu as la voix un peu monocorde mais non sans charme

Tu es précieux, soigné, tu as soif d’abondance

À la victoire de Samothrace tu préfères la simple violette de Parme

mardi 12 octobre 2010

chanson (9)

Du haut des cieux j’aperçois

Marta en tailleur gris avec dans les mains une ombrelle

Qui avait appartenu à St François

Du temps où il mangeait des nids d’hirondelles—

Il y avait la Chine mais aussi l’Hôtel Continental

Où Madame de Sévigné écrivait en cuisine avec son art féroce

Ainsi qu’un avocat qu’on mange à cette sauce :

Ni préambule, ni épilogue, rien que des lettres

Et des programmes de théâtre et des concerts

Rien que la fatigue la bonne fatigue



De la navigation où l’on se trouve à mille lieues

De la civilisation et des esthètes — Qu’on se le dise

Un clavecin ne remplacera jamais une simple vocalise



Ni une canne le crayon bleu d’un maréchal amoureux

D’un soleil rhénan salué chapeau bas

Tout en ingurgitant du rhum et des babas

Sans vergogne avec beaucoup d’attention pourtant

Pour le duel de monsieur D’Artagnan




Et à Paris je faisais d’une boite à chaussures une boîte à lettres