Dernier flash

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Quand j'entends le mot colonialisme, ça revient à la mode, je rigole en songeant à Joséphine Baker, en 1927, dansant comme un pied, c'est le cas de dire, pour la bonne société. Le monde est devenu un immense hôpital. Nous abordons la phase de l'unijambisme à la fois intellectuel et marchand. Puis ce sera celle des Hommes-Troncs colonisés par des mots creux.
 
 

     
Il y a deux sortes d'insolence, mais prenons seulement la seconde, la première nous emmerde, c'est comme avec les femmes, les culs cousus n'intéressent que les perroquets. Mais je dois constater que cette deuxième forme d'insolence coûte très cher à ceux qui la pratiquent et plus que le prix d'un marteau.
 
 

     
J'apprends qu'on se souvient de moi, là-bas, loin, j'ai donc laissé des traces, je n'y croyais pas. Reste à savoir à quel propos. Bringue sans doute. Ouvrir des portes et encore des portes quand tout semble clos. Un truc de virtuose, appris dans la cour des grands. Enfin, il y a encore de quoi causer entre bipèdes, là-bas, loin, des erreurs légitimes et des affections sans calcul.
 
 

     
Les Américains ont inventé une nouvelle façon de remettre les vertèbres fatiguées en place : courir en arrière. Il me semblait bien qu'à chaque élection on n'avançait guère, sauf en paroles, mais là on rejoint souvent les invertébrés.
 
 

     
J'avoue tout chaque fois que je dois franchir la douane, oui je suis un passeur, oui ces torchons sont des œuvres d'art dignes d'un pique-assiette, pardon, un Picasso. Oui ma gourde est pleine de scotch. Oui ce carnet est rempli de notes pour les services secrets, au plus offrant. Mes pompes sont signées Churchill, mon short du Redoutable taillissime, bref, je suis un dangereux maniqaue...et, chose curieuse, on me laisse passer sans rien fouiller. La peur, probablement, de choper le virus porcin ou un peu de talent inutile quand on porte l'uniforme intérieur.
 
 

     
Difficile pour moi de vivre un 8 août, de même un 8 novembre, je n'ai pas ici à l'expliquer (d'ailleurs j'ignore si mon "dernier flash" est lu et par qui), mais j'accuse toujours le coup, vivant deux années en une, comme les esquimaux. J'ai aujourd'hui 124 ans, ce qui pousse certaines femmes à me réclamer auprès d'elles, par peur, probablement, de ne jamais vieillir.
 
 

     
On n'est jamais seul, l'autre est là qui vous pénètre même dans les toilettes où l'on désire respirer un moment, évacuer la société, ses rites stupides. On peut mettre une majuscule à autre, ça fait bien, ça l'endimanche. On est toujours seul quand on meurt, enfin, et l'autre est bien emmerdé : alors un syndicat, celui des autres sans rien d'autre que l'ennui d'exister.
 
 

     
La foudre est tombée pas loin, impossible de savoir où, sur quoi ou qui. Ici comme ailleurs tout le monde s'en fout, s'il n'est question de parapluie.
 
 

     
Une araignée m'a harcelé toute la nuit, il y a confusion, je ne suis plus dans mes toiles.
 
 

     
Je ne suis que médecin, me dit-elle, pas artiste. Il fallait que j'arrête de boire, je risquais un cancer, alors que dans cette équivoque du langage je pensais à ses deux seins qui résumaient son être et ses avoirs.
 
 

     
Impossible pour moi de croire qu'il y ait une douleur morale, ça me fait penser à un coffre de voiture où l'on découvre (la police) par hasard un corps qui pourrit depuis...
 
 

     
60% du corps sont faits d'eau, pas d'os, gare ! Heureusement les 40% qui restent sont faits d'alcool ou alors de connerie, il faut choisir.
 
 

     
Un malheur n'arrive jamais seul, un bonheur non plus. Encore des problèmes de couple.
 
 

     
Ce qui va et ce qui ne va pas. Ce qui va : Martha Argerich et Alicia de Larrocha sont toujours en vie. Ce qui ne va pas : moi aussi.
 
 

     
Il y a des gens qui ne sont pas capables d'envisager le rapport signifiant/signifié. Ils doivent manger trop de chocolat ou de steaks d'autruche,je ne vois que cette explication.
 
 

     
Je n'ai jamais compris comment un aviateur avait pu donner son nom à une compétition de tennis. Peut-être à cause du mitraillage des balles et pourtant sans viser l'adversaire.
 
 

     
Mauvais temps sur la Bretagne, les œufs dans la gadoue pour des cloches qui gèlent. J'ai dormi la fenêtre ouverte, mais aucune sirène ne m'a éclaboussé d'écailles luisantes, je suis resté encore une fois sec sec sec.
 
 

     
La nuit, dans mes rêves, je fais la synthèse entre mes répulsions et mes désirs : l'image d'un arrosage automatique dans un jardin aux fleurs qui se trémoussent de manière désarticulée.
 
 

     
On dirait que j'ai les ongles de mes doigts de pied peints en rose. En fait il s'agit de mon drap de lit qui déteint, mais il est plaisant d'observer le regard incrédule des autochtones s'en apercevant.
 
 

     
Crise de paludisme, je l'avais oublié celui-là. Ou crise de bonté, inconvénient d'être à y penser.
 
 

     
Je cite Nodier : "Ce que l'on déracine le plus difficilement chez un peuple, ce ne sont pas les fictions qui le conservent, ce sont les mensonges qui l'amusent."